cgreletlemoigne

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EXTRAITS

Sur les rives légèrement pentues de sa rade, Brest gisait alanguie sous les premiers rayons du matin. Les bruits  de la ville se mêlaient à ceux de l'arsenal militaire. La valse des grues tournoyait dans un ciel bleu presque parfait. Une belle journée s'annonçait. La valise en fer résonna lorsqu'elle la posa sur le quai. Un sac de marin d'un blanc impeccable rejoignit celle-ci à ses pieds. Un éclat de lumière, trahissant les lentilles des jumelles, se refléta sur le sol, mais la jeune femme ne le remarqua pas. Plantée sur le quai, elle attendait le véhicule qui venait la chercher. Dans son tailleur panaché, veste blanche et jupe bleu marine, ses escarpins noirs et son tricorne bleu à coiffe blanche, elle avait fière allure. D'ailleurs, l'œil connaisseur qui la regardait par les jumelles en appréciait la courbe des lignes. L'éclat de lumière tournoya autour d'elle, puis se posa sur ses jambes. Les chevilles étaient fines et les escarpins mettaient en valeur la forme parfaite des mollets. Le halo remonta le long de la taille, puis s'arrêta sur la nuque à peine dévoilée par un chignon banane.

Le véhicule tant attendu, se présenta à l'autre bout du quai. Cécile reconnut son mari et lui fit de grands signes. Michel stoppa juste devant elle, sauta du véhicule et la prit dans ses bras en la faisant tournoyer. La posant sur le sol, il lui demanda :

-         alors, cela s'est bien passé ?

-         Oui, très bien. Les enfants vont bien ?

-         Oui, mais ils sont contents que tu rentres.

-         Je m'en doute.

-         Tu as remarqué que l'on te regardait avec des jumelles, lança-t-il en lui montrant d'un mouvement de tête la frégate derrière elle.

Cécile se retourna.

-         Ah, non.

L'officier aux jumelles se trouvant pris en défaut quitta l'aileron* précipitamment et rentra à l'intérieur de la passerelle de la frégate.

 

.../...

 

Plantée devant sa table de jardin, elle voyait défiler ses souvenirs. Elle revit cette photo et ce sourire qu'elle avait toujours trouvé un peu carnassier. Aujourd'hui, dans sa peur, elle le trouvait diabolique.

Se reprenant, elle fit lentement le tour de la table sous la tonnelle ruisselante de petites fleurs blanches odorantes, s'arrêta, reprit sa marche et revint à son point de départ face à la lettre. L'enveloppe blanche qui semblait la narguer quelques instants auparavant, lui parut tout à coup plus anodine. Non, elle ne pouvait être de la main de Pierre-Marie ; ce ne pouvait être lui qui lui avait écrit ces mots ; ces mots d'amour passionnés où la folie l'emportait sur la raison. Cette lettre était celle d'un dément. Jamais elle n'avait reçu une si belle déclaration. Le texte était beau, mais le dernier paragraphe la faisait frissonner de terreur. Cet amour qui aurait pu être si pur et si touchant sombrait dans le chaos. Le sentiment de ne pas être aimé de retour, poussait tour à tour l'auteur, à ordonner, à accuser puis à menacer l'objet de ses désirs. La vie de son mari dépendait de son acceptation à suivre ce fou, cet homme qu'elle ne reconnaissait plus.

Le harcèlement venait d'entrer dans sa vie.

 

.../...

 

Ce matin-là, le village de San Nicolao s'éveillait tout doucement. Perché sur le flanc oriental de la Castagniccia, il s'étageait face à la mer, parmi les châtaigniers et les oliviers. Les senteurs de fougères, de cytise, de lentisque et d'asphodèle montaient de la terre encore humide. Mamet Pasqualini en respirait les effluves avec volupté. Son panier sur le bras, elle gravissait la colline d'un pas alerte, décidée à ramasser le maximum de plantes pour préparer ses tisanes. Elle avait aménagé chez elle une remise où s'entassaient des bocaux minutieusement étiquetés. Des noms d'herbes variées telles que le thym herbe-à-barons ou thym aux chats, le laurier, le myrte ou la bruyère cendrée figuraient non loin des innombrables confitures. Celle de châtaigne qu'elle préparait avec amour pour ses petits enfants s'étalait sur toute une étagère.

Quel dommage que ces chers petits ne puissent respirer le bon air sec de la Corse au lieu de l'humidité bretonne ! On était déjà en septembre. Elle se les imaginait partant le matin à l'école, emmitouflés jusqu'aux oreilles, sous la pluie et le vent brestois. Pour elle, l'été à Brest n'existait pas depuis qu'elle était venue une fois en juillet voir son fils lors de sa prise de commandement de la frégate « Guépratte ». Le temps était resté pluvieux durant tout son séjour.

 

Perdue dans ses pensées, Mamet Pasqualini ne se méfia pas lorsqu'elle atteignit le chemin qui venait du village voisin. Brutalement saisie par les épaules, elle se retrouva projetée à terre, à moitié étouffée par un genou qui lui écrasait la poitrine. Une main posée sur sa bouche l'empêchait de crier. Ses yeux paniqués cherchaient à reconnaître son agresseur. Celui-ci, cagoulé, la maintenait pendant que son compagnon posait un ruban adhésif sur les lèvres de la Mamet. Ils la relevèrent brusquement et lui firent gravir les derniers mètres qui les séparaient du chemin. Puis, ils la firent monter dans une fourgonnette et démarrèrent rapidement. Tout c'était passé très vite.

 

.../...

 

Ce matin-là, le Capitaine de Vaisseau Xavier Pasqualini de Coulonges était arrivé tôt à la coupée. L'officier de quart, surpris par son arrivée matinale, annonça précipitamment « sur le bord ». Le Commandant, après un bref salut en direction de la poupe, s'arrêta pour saluer ses hommes. Après quelques mots de courtoisie, il rejoignit le carré et demanda un café au maître d'hôtel. Il était pressé, mais de bonne humeur. Le programme de la journée était chargé et intéressant. Les hautes autorités de Paris lui avaient annoncé que le «Guépratte » avait été choisi pour expérimenter un nouveau matériel d'écoute pour la cellule COMINT*. La cellule devait être prête pour le transit longue durée du Porte-Avions Charles de Gaulle à laquelle participait la frégate «Guépratte »   en tant qu'escorteur. Des techniciens venaient ce matin porter les équipements à bord et les installer. Deux officiers de la Direction du Renseignement Militaire (DRM) s'étaient déplacés pour la mise en place de la cellule et devaient l'informer sur les nouvelles procédures à suivre ainsi que sur le fonctionnement de l'équipe qui embarquerait. Le maître d'hôtel ne tarda pas à porter le café au Commandant. Celui-ci s'était installé à son bureau dans sa chambre. Un dossier était déjà ouvert devant lui.

 

.../...

 

C'est à ce moment-là que le téléphone sonna.

Le Commandant fit demi-tour et lança par-dessus son épaule :

-         Allez-y, Derais. Je vous rejoins.

-         Bien, Commandant, répondit Derais en s'éloignant.

-         Capitaine de Vaisseau de Coulonges !

-         Le Commandant Pasqualini de Coulonges ? demanda une voix fortement accentuée.

-         Lui-même. A qui ai-je l'honneur ?

-         Je ne peux pas vous dire mon nom, mais, branchez votre visiophone, vous pourrez me voir.

Le Commandant, surpris, appuya sur l'interrupteur de l'écran. L'image qui apparut le fit sursauter. Il reconnut aussitôt la cagoule noire utilisée en Corse. L'homme ne le laissa pas se reprendre.

-         Regardez derrière moi, l'homme s'écarta et tourna la caméra vers la silhouette frêle de la Mamet. Celle-ci était toujours ligotée sur sa chaise. La lampe à gaz faisait un halo de lumière qui montrait le visage blafard de la vieille femme.

 

.../...

 

Tout au bout, elle aperçut le symbole des toilettes affiché sur une porte. Elle s'engouffra dans le réduit et attendit angoissée derrière le battant en espérant qu'il ne l'ait pas suivie. Le silence du bateau la rassura. Il ne l'avait pas poursuivie. Elle s'approcha de la glace fixée à la cloison au-dessus d'un lavabo en inox. Son cœur battait encore très fort. Elle devait absolument se calmer avant de rejoindre Michel. Tout s'était passé trop vite. Elle n'avait pas eu le temps de réaliser ce qui lui arrivait. Un haut le cœur la prit et elle hoqueta au-dessus de l'évier. Elle ouvrit le robinet et se rafraîchit le visage et la nuque. L'eau avait pris l'odeur désagréable du fer, mais lui fit du bien. Tout sentait le fer dans les bateaux, même les vêtements étaient imprégnés de cette odeur. Les femmes de marins connaissaient bien ce problème qu'elles combattaient à grand renfort d'assouplisseur parfumé aux senteurs printanières, des pins des landes ou autres noms évocateurs. Elle se regarda dans le miroir et se trouva encore trop pâle. Elle se pinça légèrement les pommettes pour les raviver, posa un peu de rouge sur ses lèvres et remit un peu d'ordre dans sa coiffure. Ses palpitations cardiaques avaient repris un rythme normal. Encore un dernier coup d'œil et elle estima qu'elle était prête pour se montrer. Vérifiant que Pierre-Marie n'était pas en vue, elle prit, soulagée, la direction de la passerelle.

 

.../...

 

Les manœuvres étaient terminées. La frégate se dirigeait vers les passes. Cécile tourna le dos au goulet et se dirigea vers son véhicule. Une chape de plomb pesait sur ses épaules. Elle avait besoin de réconfort. Elle pensa à son amie Pasqualine et à son café chaud. Elle décida de passer la voir avant de rentrer à son bureau.

 

La tempête les surprit dix jours plus tard au large de la Sicile. Au fil

de la journée, le ciel s'était obscurci. La houle avait grossi et les

oiseaux de mer les avaient abandonnés. Le soir, un dernier rayon de

soleil perça entre deux énormes cumulo-nimbus gris comme un

ultime adieu. L'espace de quelques secondes, la passerelle fut

éclairée pour retomber dans une obscurité encore plus sombre. De

grosses gouttes s'écrasèrent sur la vitre. Le vent se leva. Une lame

plus forte fit gémir la coque. La tempête commença. La nuit tomba

rapidement. Elle fut terrible. Les éléments se déchaînèrent. Le navire

fut secoué comme un fétu de paille. La mer enfla pour devenir un

monstre qui menaçait à chaque instant d'engloutir sa proie. De

temps en temps, lorsque le bâtiment se retrouvait projeté sur la crête

d'une vague, on apercevait un bref instant les petites lumières de la

mâture du Charles de Gaulle. Cela réchauffait un peu le cœur des

hommes. Ils se sentaient moins seuls dans cette immensité devenue

folle.

 

.../...

 

Le silence retomba sur la passerelle. Enfin presque, la porte intérieure s'ouvrit brutalement. Le Commandant sursauta dans son fauteuil. La tête du Capitaine de Corvette Belhamy apparut dans l'encadrement.

-        Bon sang, Belhamy. Faîtes un peu, attention, rugit le Commandant passablement irrité.

-         Excusez-moi, Commandant, répondit l'officier un peu penaud tout en refermant avec précaution.

 

Cherchant à éviter les foudres du Pacha, il s'approcha du Premier-Maître Gaëllic.

-         Cela se calme ? demanda-t-il au Premier-Maître.

-         Pas encore, répondit ce dernier évitant de parler trop fort.

-         Vous avez un problème, Belhamy ? interrogea le Commandant.

Sous la question, Belhamy sentit la menace.

-         Non, Commandant. Je venais voir si cela se calmait, répondit celui-ci se retenant à la table à carte.

-        Très bien, maintenant que vous avez la réponse, vous pouvez redescendre auprès de vos hommes, reprit sèchement le Pacha n'aimant pas voir l'officier tourner autour du Premier-Maître.

 

-        Bien, Commandant. Sentant qu'il ne faisait pas bon rester, l'officier n'insista pas et sortit un peu vexé de s'être fait mettre à la porte devant le personnel présent et surtout de s'être fait rappeler ses obligations.

-        Garder vos distances avec cet officier, Gaëllic. Je vous le conseille, reprit le Commandant, moins bourru.

 

Michel, se retourna vers le pacha, surpris par cette remarque. C'était

la deuxième personne à le prévenir contre cet officier et de plus,

c'était le Commandant lui-même qui venait de faire cette mise en

garde. Il n'eut pas le temps de répondre. Une vague heurta la vitre

dans un grand fracas.

 

.../...

 

L'hiver avait sorti son long manteau blanc. Un ciel de plomb s'était abattu sur la montagne. Les oiseaux ne chantaient plus depuis longtemps. Le silence était devenu roi. De temps en temps, quelques coups secs retentissaient. On devinait alors le fer d'une hache mordant le bois. Des éclats craquaient. Puis les coups reprenaient, irréguliers jusqu'à ce que le villageois décide qu'il en avait assez fait aujourd'hui. Emportant son panier de bûches, il claquait une porte, puis c'était à nouveau le silence.

 

Un corbeau s'envola, croassant de son cri éraillé. La neige crissait sous les pas de la vieille. A cet instant, la Mamet sut qu'elle était encore suivie. L'envol de l'oiseau l'avait prévenue. Une brindille craqua. Elle ne se retourna pas, à quoi bon. Elle préférait encore  laisser croire qu'elle était sourde. Ainsi, il ne se méfierait pas et elle pourrait le repérer plus facilement. Cette fois-ci, ce n'était plus ses ravisseurs qui l'importunaient, mais ce jeune blanc bec arrivé depuis peu au village. Il l'avait suivie toute l'après-midi d'hier. Se sachant épier, elle l'avait fait tourner en rond, repasser sur ses propres traces maintes fois, l'épuisant sous son équipement de peintre amateur. Le Maire l'avait bien présenté comme peintre professionnel, mais elle n'y croyait pas. Il rôdait chaque jour autour de sa maison. Elle l'avait vu derrière son rideau. Il louait une chambre dans la belle bâtisse qui servait de logis à la famille du Maire. Se promenant toujours avec son équipement, il semblait faire des croquis du village et des alentours. Mais pourquoi la suivait-il alors jusque dans la montagne ? Elle avait bien envie de lui pointer sa carabine sous le nez, histoire de le faire parler. Mais elle n'avait jamais menacé quiconque dans sa longue vie de montagnarde. On n'était tout de même pas des sauvages par ici, même si l'hiver se chargeait de vous isoler du reste du monde pour quelques mois.

 

Des traces dans la neige apparurent devant elle. C'était celle d'un animal. La Mamet se pencha pour mieux les voir. C'était les empreintes d'un sanglier. Elles étaient toutes fraîches. Il avait neigé ce matin même et elles n'étaient pas recouvertes. La Mamet se dit qu'il ne faisait pas bon s'éterniser par là. Elle avait bien sa carabine mais elle n'avait pas envie de tester ses réflexes face à une bête aussi rapide et dangereuse. Et puis le jeune blanc bec qui

la suivait, n'était pas armé.

 

.../...

 

Un bruit la fit se relever. Il venait d'un peu plus haut. Elle scruta du regard les alentours et vit le peintre, assis sur une grosse pierre et sortant tout son attirail. Quel idiot ! se dit-elle. Il était trop près du taillis. Il l'avait contournée par la gauche et avait remonté la pente presque jusqu'au sommet. Avec ce bruit, il risquait d'effrayer l'animal. Elle décida d'écourter son ramassage pour l'obliger à redescendre. Ce n'était pas la peine de prendre des risques. Alors qu'elle se baissait pour reprendre son sac, un bruissement se fit entendre dans le taillis. Trop tard ! La bête était là. Cinquante mètres à peine un peu plus haut que le rocher sur lequel le peintre était assis, livide, pétrifié devant l'animal. Et quel bête ! Même la Mamet n'en avait jamais vu d'aussi imposante ! Ce devait être un mâle pour avoir une aussi grande taille. Celui-ci renâclait face à l'homme figé. Son souffle accéléré se perdait en volutes blanches. Doucement, la Mamet abaissa sa carabine, enleva la sûreté et visa.

 

-         Surtout, ne bouge pas, bougre d'idiot, se dit-elle.

L'idiot, lui, ne risquait pas de bouger. Des gouttes de sueur commençaient à perler sur son front. Il se dit qu'il avait été imprudent de s'aventurer sans arme aussi loin. Si au moins il pouvait prévenir la vieille. Elle avait un fusil. Elle devait savoir s'en servir puisqu'elle s'était entraînée sur des canettes de bière d'après les dires du Maire. Mais il n'osait pas regarder dans sa direction. L'animal lui faisait face raclant rageusement le sol du sabot. Un seul geste pouvait l'irriter et le pousser à foncer sur lui. La taille de ses défenses ne lui inspirait rien de bon. L'animal sembla se calmer. Dans un dernier grognement, il détourna la tête. L'homme en profita pour jeter un regard vers la Mamet. Ce fut le geste fatal. L'animal perçut le mouvement. Sa colère redoubla. Tête baissée, il fonça. Les doigts engourdis par le froid, elle anticipa la course et pressa sur la détente.

 

.../...

 

Le jardin de l'Alkaff Mansion était luxuriant. Des palmiers, des arbres de pluies et des bananiers côtoyaient des essences plus rares aux parfums veloutés. Des petites lampes disséminées dans la verdure rendaient le décor plus féerique. L'allée centrale donnait sur une fontaine d'où l'eau jaillissait pour retomber en pluie lumineuse. La villa de style colonial comportait une tour et s'ornait d'un escalier monumental aux départs latéraux. La montée des marches amenait les hôtes à une terrasse d'où ils pouvaient admirer la fontaine et les jardins. C'était la première fois que la petite équipe de marins s'offrait un dîner dans un restaurant au décor aussi raffiné. D'ordinaire, ceux-ci fréquentaient en escale les restaurants des grands hôtels au style plus occidental. Mais cette fois-ci, le changement était total. Ils n'avaient pas l'impression d'aller au restaurant, mais plutôt d'être reçus dans la villa d'un milliardaire.

 

.../...

 

Cécile, les yeux brillants, échangeait avec Michel des regards amoureux tandis que le second-maître Hervieu tentait sa chance du côté de Viviane, jolie rousse aux lignes rondes et harmonieuses qui était assise à ses côtés. Un gong retentit. Il annonçait le "Ristaffel". De belles filles en sarong "kebayas" aux couleurs chatoyantes se dirigèrent vers les tables et servirent chaque convive. Sur la table, avait été déposé un immense plat de riz. Les plats qui arrivaient, étaient composés de fruits de mer, de poulet au curry et de légumes. Divers condiments agrémentaient le Ristaffel, tradition de la maison. Le bon vin et les lumières des lustres rosirent  les joues de Cécile. Ses beaux yeux verts reflétaient les éclats des miroirs. Elle était belle, ce soir. Ses cheveux auburn détachés encadraient joliment son visage fin.

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11/05/2007
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